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Le pied de mat en windsurf

Le pied de mat est l’accessoire qui relie votre voile à votre planche.

Plus qu’un simple accessoire, il est la point de levier qui définit la poussée du gréement sur le rider et la planche.

Sa position est primordiale et doit être précise : vers l’avant pour plus de contrôle ou vers l’arrière pour plus de vitesse, mais sa composition aussi.

C’est également l’accessoire de sécurité le plus sensible à vérifier avant chaque sortie.

Quels sont les différents composants du pied de mat en planche à voile et quelles sont leurs influences sur la navigation ?

Jetons un œil à l’ épingle, la connexion et l’embase, les trois éléments principaux du pied de mat.

Le pin, également appelé épingle ou carotte.

La carotte est la partie supérieure du pied de mat.

Elle s’insère dans l’extension, ou dans la rallonge de pied de mat.

Pour qu’elle soit compatible, vous devez vous assurer d’avoir la bonne carotte, car il y a deux types de carottes principales :

L’épingle universelle, ou U-pin ou carotte euro-pin, standard, se présente sous forme d’une pointe avec un enfoncement sur le haut de l’épingle pour accrocher la rallonge.

Les rallonges adaptables à la carotte euro pin comportent un bouton poussoir pour insérer la carotte dans la rallonge.

On appuie sur le bouton pour insérer la carotte, puis on relâche le bouton une fois que la carotte est positionnée dans la rallonge.

La carotte et la rallonge sont ainsi « bloquées » et la rallonge peut tourner sur un axe de 360° autour de l’épingle.

L’ US push pin, ou US cup, comme son nom l’indique est plutôt utilisé aux États-Unis.

Le système push pin est différent de l’ euro pin.

Il se compose de deux plots reliés par une tige en U ou en V, bref, un clips.

Le tout forme un système de ressort et il faut appuyer sur les deux plots pour insérer la rallonge dans le pied de mat.

On relâche et la rallonge est « prise » dans le pied de mat.

Ce système présente l’avantage d’être beaucoup moins sensible au sable, à la terre…

En effet, la jonction entre l’épingle universelle et la rallonge, qui est le point de rotation du gréement peut facilement s’obturer (sable, terre…).

Pas de problème avec l’ US pin car la zone d’assemblage est plus « hermétique », et la zone de rotation du pied de mat se situe au dessous de l’épingle.

Il faudra cependant veiller à ne pas trop serrer l’écrou intérieur qui relie l’US pin au reste du pied de mat car il ne pourra pas tourner.

Il faudra également être prudent qu’il ne soit pas trop lâche sous peine d’usure rapide de la partie haute.

Si le clips n’a pas de capot, attention à ne pas le perdre pensant un réglage sur l’eau…

Au final, l’épingle universelle est la plus répandue et la pus pratique, on appui, on relâche, et ça tourne tout seul…si l’épingle est propre…

L’US push pin est plus robuste mais un peu plus contraignante car il faut régler la sensibilité du système de rotation.

Attention encore une fois, les deux systèmes ne sont pas compatible avec la même rallonge (il existe toutefois de adaptateurs U-pin/US-pin).

La connexion entre la carotte et l’embase du pied de mat comporte aussi ses spécificités.

Il existe trois types de connexions qui sont le diabolo, le tendon et le cardan.

Le diabolo, ou power joint, ou Boge joint est le système le plus connu.

C’est le plus polyvalent des systèmes, et les waveriders et freestylers y trouveront leur bonheur car c’est la connexion qui a le plus gros amorti.

Le diabolo est généralement souple (caoutchouc), il permet donc des mouvements rapides et reste souple.

Son diamètre peut varier : plus fin il sera plus flexible, sans pour autant être plus fragile.

Le tendon, lui, est plus rigide que le diabolo.

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C’est de toute façon la plus rigide des connexions (composition en polyuréthane ou uréthane).

Avec le tendon, la voile est calée, il est donc plutôt conseillé pour le slalom et la vitesse.

Sa rigidité procurera un coté incisif aux manœuvres et aux mouvements de voiles, ce qui influencera d’avantage les réactions de la planche.

En bref, le tendon donnera plus de réactivité à la planche.

A la base, il semble que le tendon ait été inventé pour rabaisser la position du gréement sur la planche et rigidifier l’ensemble.

Les diabolo ont depuis perdu en hauteur. Il reste que le tendon présente un amorti bien moindre et une rigidité largement supérieur.

En effet, le combo (ensemble planche et gréement) peut se retourner avec un tendon, ce qui sera plus rare avec un diabolo, et encore plus avec un cardan.

Le cardan, lui, est beaucoup plus flexible que le diabolo ou le tendon.

Avec le cardan il n’y a pas de contraintes sur le gréement.

L’axe du pivot du gréement a été amélioré depuis son apparition.

Le cardan est la connexion idéale pour le windsup car il n’imposera pas ou peu de contraintes sur le rail de pied de mat (partie la plus fragile sur un windsup).

C’est également la connexion la plus résistante car, encore une fois, elle est moins sujette aux contraintes.

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Il est idéal pour les débutants car il est moins physique, et la planche risquera moins de se retourner avec le gréement.

Par contre, l’amorti de ce genre de connexion n’est pas efficace (contrairement au diabolo), la voile sera moins calée sur le pont et les manœuvres seront moins radicales.

Dernier point concernant les connexions, la sécurité :

Il faudra noter que la connexion dispose d’un élément de sécurité non négligeable : la sangle ou le bout de sécurité (la sangle pour le diabolo et le cardan, le bout pour le tendon).

Cette sécurité relie la carotte à l’embase et assure un minimum de cohérence de l’ensemble en cas de casse.

Attention : une casse de la connexion implique généralement de la casse sur le pont ou sur le rail de pied de mat…

Changez votre connexion avant qu’il ne soit trop tard !

La connexion est une pièce d’usure, il faut la vérifier et la changer au moindre signe de fatigue.

Un incident au large et on peut dériver en attendant les secours…

L’embase de pied de mat ou base, ou plaquette est une pièce technique du pied de mat.

L’embase doit être basse.

Le but ici est de diminuer l’écart entre la voile et la planche.

La voile doit pouvoir se caler sur le pont, et donner plus de puissance, plus de contrôle.

On pourra aller sur des embases plus hautes avec des caoutchoucs haute élasticité pour augmenter l’absorption des chocs. Ce dispositif sera plutôt utilisé en vagues ou en freestyle où on recherchera moins la puissance que la manœuvrabilité et l’ amorti.

La surface de contact (diamètre de la plaquette) reparti les charges sur le flotteur, plus de surface = une meilleure répartition des forces.

Les plaquettes à large profil plat seront donc un must pour le slalom, accompagnées d’une rondelle de pied de mat (ou disque de protection) pour amortir et protéger le pont des rayures et des chocs (il éviterons aussi les blessures aux pieds car ils sont moins hauts).

Les plaquettes présentent également des découpes pour visser ou dévisser plus facilement l’embase (ergonomique).

Certaines plaquettes hautes lisses peuvent être vissées ou dévissées grâce à un bout.

La connexion de l’embase au rail de pied de mat passe aussi par plusieurs technologies.

Les deux principales sont l’embase single bolt (simple écrou) et l’embase double bolt (double écrou).

L’avantage du système single bolt, c’est qu’on visse facilement en tournant l’embase sur le rail de pied de mat.

On peut donc facilement le déplacer sur le rail pour parfaire un réglage.

L’inconvénient de ce système, c’est qu’il peut se dévisser s’il n’est pas assez serré, ou resté coincé s’ il a été trop serré…

Il reste quand même le système le plus simple et le plus répandu.

Le double bolt (ou double écrou) est plus contraignant car il faut prendre le temps de la fixer.

L’ avantage, c’est qu’une fois fixé, il ne bougera plus.

Deux points d’appuis, cela veut dire que les forces exercées par le gréement sont mieux reparties sur le flotteur.

On visse la plaquette sur le rail avec deux écrous présentes au dessus de l’embase.

Généralement, ces deux écrous de fixations se règlent avec le pied de mat (la partie qui se fixe dans la plaquette sert de tournevis pour régler la plaquette).

L’inconvénient principal de ce système c’est que si vous avez plusieurs planches, il peut être contraignant de l’enlever et de le remettre à chaque changement de board.

Autre inconvénient, on ne pourra pas positionner le pied de mat autant sur l’arrière qu’avec un simple écrou.

Pour résumer, U-pin, Us-pin, diabolo, tendon, cardan, single bolt, double bolt, voilà les combinaisons majeures possibles en fonction de son utilisation, de sa pratique, mais aussi de ses préférences.

L’une des plus petites pièces de l’équipement du véliplanchiste est en fait l’une des plus techniques, de part sa polyvalence, sa sécurité et sa technologie.

Toujours discret et bien loin des discussions de bord de mer quand « on parle matos sur la plage », le pied de mat doit être l’objet de toutes les attentions avant chaque sortie.

Il est important de vérifier son état et de changer les pièces d’usures régulièrement et au moindre signe de fatigue.

Il est également important d’adapter son pied de mat à son programme avant de chercher « LA » position, qui risquera de changer une fois que le pied de mat idéal remplacera l’ancien.

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